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Veille marché

Crédit immobilier : une nouvelle prime de risque dans les barèmes

22/04/2020 – Les echos

La hausse des taux est la conséquence de la situation économique qui a conduit les banques à ajouter une prime de risque dans leurs barèmes de taux » analyse Philippe Taboret. Compte tenu de l'incertitude sur la durée du confinement et l'évolution du marché de l'emploi, les banques augmenteraient leur taux pour compenser le risque supérieur de prêter. « Elles anticipent une hausse des risques sur les entreprises et par conséquent sur les profils qui seront financés, ce qui pèse également sur les taux » ajoute Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Après avoir enfoncé plancher après plancher, les taux de crédit immobilier repartent légèrement à la hausse depuis le début des mesures de confinement. Début avril, « une quinzaine de banques ont augmenté leurs taux, de 0,15 à 0,25 % pour la plupart, avec des pics à 0,7 % », constate Sandrine Allonier, directrice de la communication du courtier Vousfinancer. « Nos banques partenaires ont augmenté leur barème, de 0,25 % en moyenne » confirme Philippe Taboret, président de Cafpi.

Des augmentations qui restent néanmoins modérées et assez indolores pour les candidats au crédit. « Jusqu’à 2 % sur 20 ans, cela reste très bon marché pour les emprunteurs » explique Philippe Buyens, directeur général de Capifrance.

Chez le courtier Meilleur Taux, qui a également constaté des hausses 0,05 % et 0,40 % en moyenne selon les durées, les profils et les établissements bancaires, les taux moyens sont ainsi de 1,15 % sur 15 ans, 1,32 % sur 20 ans et 1,60 % sur 25 ans.

Moins de concurrence

Le marché à l’arrêt invite aussi les établissements prêteurs à moins d’effort sur leur taux d’emprunts pour reconstituer leur marge. Pour attirer de nouveaux clients, les banques affichaient jusqu’ici des baisses de taux conséquentes. Des baisses de taux qui avaient dopé le marché immobilier et accélérer le nombre de transactions. Mais avec le confinement, « les derniers établissements prêteurs encore en activité ne se livrent donc plus à leur concurrence habituelle, dont bénéficie généralement l’emprunteur » explique Ari Bitton, président de Crédit Leader. Et les banques ne cherchent plus à offrir le taux le plus bas aux nouveaux dossiers.