Veille marché
Immobilier : quelle reprise après le confinement ?
20/05/2020 – Les Echos
Cette première semaine et demie de déconfinement a été ultra-dynamique, clament en choeur les grands réseaux immobiliers. Et ce, avec pour l'instant « exactement les mêmes prix de marché qu'avant le confinement» assure Laurent Vimont, président de Century 21.
Un « rebond technique »
Si ce rebond technique est peut-être plus fort que prévu, il était tout à fait attendu et même annoncé par les Notaires de France. Il s’agit principalement de projets bien avancés qui avaient dû être reportés à cause du confinement et qui vont se clôturer sur la fin du mois de mai. « Le printemps est habituellement l’une des saisons les plus actives en termes de volume de transaction avec 15 % des opérations annuelles réalisées entre mi-mars et fin avril. Avec un nombre de promesses de vente signées qui a baissé de 75 % durant cette période, ce sont donc 120.000 ventes qui n’ont pas été réalisées avec le confinement » avance Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents.
Trop tôt pour parler de reprise
Mais ce rebond ne permet pas pour autant de parler de reprise. « Ce sursaut d’activité ne saurait être que de courte durée. Au-delà de ce rebond technique, la reprise du marché pendant les mois de mai et de juin s’annonce beaucoup moins dynamique » alerte Thomas Lefebvre. En effet, Meilleurs Agents observe un recul d’environ 50 % du nombre de nouveaux projets de vente déclarés sur sa plateforme depuis le début du confinement.
Si 9 particuliers sur 10 n’abandonnent pas leur projet immobilier, plus de 40 % d’entre eux préfèrent attendre quelques semaines, voire quelques mois avant de le reprendre, selon les résultats d’une étude réalisée par Meilleurs Agents *.
Parmi les raisons évoquées pour expliquer leur frilosité, 74 % des vendeurs craignent une éventuelle baisse des prix et près de 58 % redoutent une diminution du nombre d’acquéreurs. « Cependant, ce problème de confiance auquel les vendeurs font face, pourrait rapidement s’estomper. En effet, leurs inquiétudes sont davantage liées aux incertitudes relatives à l’évolution du marché (84 %) qu’à leurs situations personnelles (23 %) » nuance Thomas Lefebvre.
Quelle tendance pour 2020 ?
« Le marché immobilier ne devrait pas s’effondrer à moyen terme. Dans ce contexte d’incertitudes sur le plan sanitaire et économique, 68 % des particuliers ayant un projet immobilier pensent que la pierre constitue encore aujourd’hui l’investissement le plus sûr » note Thomas Lefebvre. Dans ce sens, Alain Dinin, le patron de Nexity dit ne pas s’attendre à une baisse massive des prix de l’immobilier, dans une interview au JDD. Pour lui, un déséquilibre très important entre l’offre et la demande persiste en France.
Exemple parlant : dans la base de données clients du réseau immobilier Laforêt, on compte 10 acquéreurs pour un vendeur en France entière et 90 acquéreurs pour un vendeur à Paris, note son directeur Yann Jehanno. Pour ce dernier « Même si la demande était amenée à baisser sensiblement, le marché resterait toujours très déséquilibré à la faveur des vendeurs ».
Signal supplémentaire de la résistance du marché, Meilleurs Agents observe une reprise progressive de l’activité des vendeurs quant au nombre d’estimations depuis l’annonce de la date de fin du confinement. Mais au final, « la reprise du marché va surtout dépendre de la reprise économique dans son ensemble (emploi) et de l’accès au crédit et il y a encore pas mal d’inconnues à ce sujet » soulève Thomas Lefebvre.