L’offre de logements neufs au plus bas depuis 1995
25/05/2023 - les Echos
La nouvelle chute des mises en vente au premier trimestre 2023 s’explique par l’effondrement des permis de construire, ainsi que l’abandon ou le report d’un programme sur cinq.
Le marché du logement neuf s’enfonce toujours plus dans la crise . La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a publié jeudi ses données pour le premier trimestre, elle fait état de 16.912 mises en vente de logements neufs au cours de la période, soit un recul de 24,8 % par rapport aux trois premiers mois de 2022. C’est le plus bas niveau relevé depuis la création de son observatoire en 2010.
Cette nouvelle chute des mises en vente au premier trimestre s’explique par l’effondrement des permis de construire (-30,9 %, avec un total de 93.900 logements autorisés), ainsi que l’abandon ou le report d’un programme sur cinq.
Au niveau des permis de construire, les promoteurs soulignent tout particulièrement la baisse des autorisations de logements collectifs (-24,1 %, à 43.200), ce qui confirme l’affaiblissement de l’effet accélérateur inhérent à la mise en oeuvre, début 2022, de la nouvelle réglementation environnementale à la construction neuve (la « RE2020 »). Explication : les programmes s’étaient multipliés en amont, les promoteurs l’ayant anticipée.
Par ailleurs, la FPI relève « un avant et un après municipales de 2020 ». En clair, les maires seraient moins allants à autoriser des programmes. De fait, constate la fédération des promoteurs, la moyenne des autorisations mensuelles de logements collectifs a fléchi depuis les dernières élections municipales : elle est de 17.492, à comparer à une moyenne de 19.325 pour la précédente mandature.
Dans ce décor, les réservations de logements neufs s’effondrent. Au premier trimestre, elles plongent de 34,3 %, avec un total de 21.008, soit, là encore, le plus bas niveau depuis 10 ans. Le plongeon dépasse 52 % pour les particuliers. Le président de la FPI lance aussi « une alerte rouge sur le logement social » – le repli confirmé des ventes en bloc (-7,9 % au premier trimestre) étant d’abord imputable aux bailleurs sociaux.