Les chantiers immobiliers qui attendent le prochain gouvernement français
15/09/2024 - AGEFI
Loyers élevés, chute des annonces d’appartements à louer, ventes et constructions de logements neuf au plus bas… La « bombe sociale » du logement arrive sur le bureau de Valérie Létard.
A peine en place, le futur gouvernement aura peu de temps pour tenter de résoudre la crise du logement que traverse le pays. A force de s’enliser, elle s’est ramifiée et revêt désormais plusieurs dimensions. Secteur privé, social, neuf, ancien … L’ensemble des rouages de la chaîne tourne au ralenti. Le point sur les dossiers chauds qui attendent la future ministre du Logement.
Reprendre les projets de loi en suspens
Le futur gouvernement ne partira pas d’une feuille totalement blanche : il héritera de deux projets de loi dont les votes au Parlement ont été percutés par la dissolution. Le premier, relatif au développement de l’offre de logements abordables (dite «loi logement»), est un texte à tiroirs touchant à plusieurs secteurs, mais qui n’a pas réussi à convaincre. Présenté par l’ancien ministre du Logement Guillaume Kasbarian en mai dernier, il a souffert de la dissolution du Parlement. Les discussions au Sénat, qui devaient commencer en juin, ont été annulées et ne reprendront qu’à l’ouverture de la 17e législature, à la condition que le nouveau gouvernement l’inscrive à l’ordre du jour.
Le deuxième projet de loi en suspens est celui « visant à remédier aux déséquilibres du marché locatif>> ( dite «loi anti-Airbnb» ). Il prévoit plusieurs outils pour permettre aux communes de mieux encadrer les locations touristiques de courte durée et limiter leur impact sur l’offre de logements disponibles en longue durée .
Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en janvier, le texte a été amendé par le Sénat en mai. Une commission mixte paritaire avait été convoquée en mai pour statuer sur une version définitive mais a été annulée suite à la dissolution. Les prochains élus devront se mettre d’accord sur la réduction de la niche fiscale des bailleurs – les députés voulaient l’abaisser de 71% à 30% mais les sénateurs à 50% seulement -, ainsi que sur la durée maximum de location courte durée autorisée pour les bailleurs, soit 120 ou 90 jours.
Résoudre la double crise d’activité et de l’emploi du neuf
Redresser le secteur du neuf s’annonce sans doute comme un des plus gros défis du prochain gouvernement. Début septembre, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) alertait une nouvelle fois sur la situation inquiétante de ses adhérents. Entre janvier et juin, les ventes aux particuliers ont encore baissé de 8,6% par rapport aux six premiers mois de 2023, soit le plus mauvais premier semestre des promoteurs depuis 2021. Avec moins de chantiers lancés et un stock de lots qui ne trouvent pas preneurs, les promoteurs mettent moins de lots sur le marché. Les nouvelles commercialisations ont chuté de près de 37% entre le premier semestre 2024 et celui 2023. Pis : les retraits de lots du marché augmentent (23% de retraits au deuxième trimestre selon la FPI).