Immobilier : les bons plans crédits des banques pour les primo-accédants
Résumé de l’article :
- Après une période difficile due à la hausse des taux, les banques sont désormais plus favorables aux primo-accédants, les considérant même comme une clientèle privilégiée.
- Les banques proposent un large éventail d'avantages, allant de gestes commerciaux, à des solutions plus structurées comme le prêt immobilier différé.
- Certaines banques offrent des enveloppes complémentaires à taux réduits et d'autres peuvent doubler le montant du PTZ pour les primo-accédants éligibles
- Les primo-accédants representent plus de 50% des emprunteurs
20/05/2025 - LES ECHOS
Les établissements accueillent désormais plus favorablement les demandes des primo-accédants. Nombre d’entre elles leur accordent même des avantages significatifs.
« La hausse des taux d’intérêt des dernières années a particulièrement touché les primo-accédants qui ont vu leur capacité d’emprunt se réduire drastiquement. Mais, aujourd’hui, la situation s’est totalement inversée. Avec le reflux des taux et la volonté accrue des pouvoirs publics d’accompagner les néopropriétaires, il n’y a plus une banque qui ne propose pas un coup de pouce à cette clientèle », se félicite Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.
Un avis partagé par Caroline Pasquereau, directrice marketing stratégique et communication d’Empruntis, pour qui « les primo-accédants sont désormais les chouchous des établissements bancaires ».
Petits gestes et sur-mesure
Et, en matière d’offre, la gamme est large. Cela va en effet de petits gestes comme l’exonération des pénalités de remboursement anticipé pour les primo-accédants présentant les meilleurs profils ou la réduction des frais de dossier pour ceux ayant moins de 40 ans (au CCF, notamment) à des solutions beaucoup plus offensives.
A l’image, par exemple, du prêt immobilier différé commercialisé par les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne aux primo-accédants de moins de 36 ans. « L’idée, ici, est de permettre aux néopropriétaires d’augmenter leur capacité d’emprunt de l’ordre de 5 % environ en adaptant le montant de leurs mensualités à l’évolution de leurs revenus. Concrètement, ils bénéficient d’un différé de 10 à 20 % du montant total du prêt sur les 10 à 15 premières années du crédit, lequel s’étend sur 20 à 25 ans. Cela se traduit donc, pour eux, par des mensualités minorées les premières années car composées uniquement des intérêts et de l’assurance-emprunteur sur le montant de cette enveloppe, puis progressivement relevées pour rembourser le capital », détaille Caroline Pasquereau.
Un système attractif, à condition tempère-t-elle, « que le projet de l’emprunteur ne soit pas de revendre trop tôt son bien, faute de quoi, il n’aura remboursé que des intérêts sans même commencer à amortir le capital de son prêt ».
Plus intéressant encore, quelques établissements bancaires proposent actuellement aux primo-accédants des crédits à taux préférentiels. Ainsi, le Crédit Mutuel et le CIC, via leur offre « Coup de Pouce », leur donnent accès à une enveloppe complémentaire égale à 10 % du montant de leur prêt principal réalisé au sein de la banque (dans la limite de 30.000 euros) avec un taux spécial de 0,99 %.
Des offres à taux zéro
D’autres, enfin, comme le Crédit Agricole ou la Banque Populaire, accompagnent les néo-propriétaires éligibles au prêt à taux zéro en doublant le montant de leur PTZ via un deuxième prêt à 0 % également. Et ce, dans la limite de 20.000 euros pour le premier établissement et de 25.000 euros pour le second. Avec qui plus est, pour ce dernier, un plafond d’âge pour les emprunteurs fixé à 36 ans.
Car attention, aussi alléchantes soient-elles, ces offres alignées sur le PTZ sont généralement conditionnées. Et surtout, elles suivent le ciblage de ce prêt mis en place par l’Etat. Autrement dit, elles sont réservées aux primo-accédants achetant dans le neuf ou, dans l’ancien, sous réserve que le bien en question nécessite des travaux d’amélioration ou d’économies d’énergie pour un montant au moins égal à 25 % du coût total de l’opération.
Conséquence, prévient Maël Bernier, « les néopropriétaires qui souhaitent acquérir un logement ancien sans ou avec peu de travaux sont mécaniquement mis de côté avec une palette d’offres promotionnelles nettement plus limitée ».
Plus de crédits immobiliers accordés aux primo-accédants
Oubliée la période où, faute d’accès au crédit, de nombreux ménages se voyaient dans l’obligation de rester locataires malgré leurs envies de propriété. Selon le Panorama des prêts à l’habitat des ménages de la Banque de France mis à jour le 15 avril, la production de crédits immobiliers est en effet repartie à la hausse depuis un an et évolue désormais autour de 10 milliards d’euros chaque mois contre 7 milliards en moyenne début 2024.
La raison ? Un assouplissement par les banques de leurs critères d’octroi de prêts immobiliers.
Bonne nouvelle supplémentaire pour les primo-accédants : leur statut de « néopropriétaires » ne les pénalise plus au moment de l’étude de leur dossier de demande de prêt. Leur part dans la production de crédits pour l’achat d’une résidence principale s’établit aujourd’hui au-delà des 50 %. Soit, le niveau le plus haut depuis février 2020.
Quant aux ménages les moins aisés (c’est-à-dire, avec des revenus mensuels inférieurs ou égaux à trois fois le SMIC), ils représentent plus de la moitié des emprunteurs.