Veille marché
L’ADE, pomme de discorde entre courtiers et banques
Les Echos - Publié le 22/11/2019
Nous vous en avons parlé dans le dernier numéro de La Vie au CSF et depuis, la presse a largement relayé l’information : les banques remettent en cause les accords de partenariat existants, imposent une baisse des taux de commissionnement et un partage de valeur sur l’assurance des emprunteurs. Sur ces sujets, la Direction Générale, son COMEX et les équipes dédiées, agissent directement et quotidiennement auprès des partenaires bancaires pour préserver nos solutions de financement.
C’est un peu la bataille dans la bataille. Alors que plusieurs banques mutualistes ont décidé de mener une offensive contre les courtiers en crédits immobiliers, leurs stratégies divergent. Pour restaurer leurs marges, certaines ont notamment décidé de se passer des courtiers pour ne plus leur payer de commission (1 % sur chaque prêt). C’est notamment le cas du Crédit Agricole du Languedoc.
D’autres banques ont une approche moins radicale, mais tout aussi déterminée. Depuis quelques mois, plusieurs d’entre elles demandent aux courtiers de baisser leurs commissions ou de privilégier les assurances emprunteurs maison. Autrement dit de ne pas faire jouer la concurrence. « Des caisses régionales [de plusieurs grands groupes, NDLR] nous font gentiment comprendre que ce serait bien de mettre leurs assurances avec le prêt », confirme un courtier.
Cette exigence n’est pas franchement dans l’air du temps. Depuis la loi Hamon (2014), les particuliers peuvent résilier leur assurance emprunteur pour passer à la concurrence (banques, assurances, etc) pendant la première année de contrat. L’idée est de permettre aux clients d’une banque de ne pas souscrire à « l’assurance groupe » de la banque prêteuse, pour éventuellement bénéficier d’une offre concurrente, moins onéreuse.
Ce droit a été étendu en 2018 : en vertu de l’amendement dit « Bourquin »- nom du sénateur qui a déposé ce texte -, il est possible de passer à la concurrence tous les ans. Les courtiers, qui représentent plus de 40 % des dossiers de prêts immobiliers, ont justement tenté de pousser les emprunteurs vers des assureurs « indépendants ». Et pour cause : quelle que soit la solution choisie par le client, ils percevront une rémunération. « C’est justement ce qui agace certaines banques, qui ont toujours bien aimé le système du package avec le prêt et l’assurance emprunteur », explique un bon connaisseur du dossier.
L’enjeu est de taille pour les banques, alors que le marché de l’assurance emprunteur, très rentable pour les banques, représente près de 10 milliards d’euros de revenus annuels. Les taux de crédit immobilier sont si bas que l’assurance coûte parfois plus cher que le crédit lui-même. Récemment, le courtier Meilleurtaux a ainsi calculé que pour un emprunt de 200.000 euros sur 20 ans (1,25 %), le coût total de l’assurance emprunteur revenait à 28.800 euros contre 26.144 euros pour le crédit.
Contacts
- Leslie Lallement (Brèves) Réseau
- Sophie Chometon (Veille & Produits)
- Amelie Paggetti (Prosp. & Parten.)
- Alexandre Gravier (Conformité)
- Erwann Le Guilcher (Admin site)