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Veille marché

le paiement en plusieurs fois bientôt restreint

04/09/2025 - LA TRIBUNE

Près de quatre Français sur dix (38 %) ont l’habitude de fractionner le paiement de leurs achats, au moins de temps en temps, selon une étude Floa-Kantar sortie l’année dernière. Ainsi, plutôt que de régler en une fois, ils échelonnent les versements. Une pratique connue sous l’acronyme BNPL pour « buy now, pay later » (« achetez maintenant payez plus tard », en français), dans le viseur du gouvernement. Il entend en effet durcir les conditions d’accès à ce type de crédits à la consommation, dans le but notamment de réduire le risque de surendettement.

L’exécutif s’apprête pour cela à transposer dans le droit français une directive européenne sur le crédit à la consommation d’octobre 2023, révisant un précédent texte datant de 2008. Outre de nouvelles règles, le champ d’application de cette directive concerne désormais les paiements fractionnés et différés, ainsi que les crédits de moins de 200 euros, ceux à la consommation de 75 000 à 100 000 euros ou encore les contrats de location avec option d’achat.

Un meilleur encadrement de la souscription aux offres de paiement fractionné et aux mini-crédits est attendu de longue date par le secteur. Car « ces solutions de financement, à très court terme et généralement de faible montant, peuvent comporter un risque d’endettement excessif, surtout en cas de souscriptions multiples, pour des ménages à la situation financière déjà fragile », souligne l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB), un organisme tripartite – banques, secteur associatif, pouvoir public – créé en 2013, dans son rapport annuel de 2024.

Ce risque est notamment lié au fait que ces moyens de paiement sont plus simples d’accès que des crédits classiques à la consommation. « Il suffit de fournir un relevé d’identité bancaire (RIB) et une pièce d’identité officielle en cours de validité », relève l’Institut national de la consommation sur son site Internet. « L’étude de solvabilité est souvent succincte, basée sur les données « carte bancaire » et des critères propres à chaque établissement prêteur (taux d’incident ou de fraude…) ».

En raison de ce manque de cadre, certains consommateurs souscrivent à plusieurs paiements fractionnés échelonnés sur la même période. S’il s’agit souvent de petits montants, cumulés, leur facture s’avère parfois trop lourde à assumer. Et il n’est pas rare que des frais, qui n’ont pas été inclus au départ au coût du crédit, viennent encore gonfler la note.